Pierre Buraglio

Pierre Buraglio fut longtemps « le peintre sans pinceau », tenant à distance l'acte de peindre ne révélant pas tant d'une position théorique que de l'impossibilité ressentie sur le mode du manque.
Dans la série des Fenêtres (1976 à 1992) les références explicites au tableau et à la picturalité se combinaient avec l'éviction du médium peinture, et l'utilisation de fenêtre récupérées sur des chantiers.
Cette impossibilité à peindre est surmontée par la fréquentation assidue des musées et celui de la transmission.
En 1976, Buraglio devient professeur à l'école des Beaux-Arts de Valence, où il dispense des cours de dessin entre autres : « Je ne souhaitais pas me contenter de proposer à mes étudiants des petites cuisines à la manière de Support-Surface » (dont il fut proche des membres), sans y appartenir.

Néanmoins Support-Surface est à l'origine d'un travail de copie-libre qui trouvera une forme aboutie dans les Dessins d'après. « Essayant de copier, on voit mieux les choses » ; « l’artiste devient étudiant en étant enseignant. »
Depuis ses débuts, Pierre Buraglio emploie des procédés plastiques qui construisent la forme par la négation : la biffure, la découpe, le caviardage l’évidement ou l’évitement. Forme-pochoir (tête évidée) trouvée dans la benne des Beaux-Arts de Valence, dont Pierre Buraglio se servira comme d'un patron pour sa série d'Autoportraits, et autres PB / EB.

Pierre Buraglio refuse la séduction, la virtuosité, et sa manière de maintenir l'incomplétude de ses œuvres participent de la dimension critique de son travail, éviter de le figer en une marque de fabrique. Ses propres peintures n’échappent pas aux découpages, re-taillages, diminués ou augmentés, entrecroisés et raboutés, en remontage continu.
Dans le travail de Pierre Buraglio les fragments ne sont pas des éclats disséminés constituants un tout originel qui incomberait à l'artiste de reconstituer, pas de perspective messianique : il s'agit de véritables scories, voire de déchets qu'il transformera. L'artiste ne cherche d'ailleurs pas à en dissimuler les traces il les laisse apparentes : « J’ai voulu que celui qui regarde ce que j'ai fabriqué soit contemporain d'une bagarre, d'une lutte. »

Il se détourne du grand format, chers aux artistes qui ont été pour lui une référence : Gilles Aillaud et Simon Hantaï pour travailler avec le fragment, le morceau et les chutes, il réalisera des œuvres à partir de chutes de toile de S. Hantaï, S.H Monk, 1986.

Le bleu est la couleur qui domine l’œuvre de Pierre Buraglio, des Fenêtres aux Assemblages de paquets de Gauloises, Enveloppes bleues, tôles émailles découpées du Métro (Metro della Robbia, 1984 -1985), ou encore des tirages en sérigraphie du mot Mer répété en bleu sur supports fragiles et selon une grille régulière. « Ce bleu qui va de Giotto à Hantaï en passant par Matisse. Il n'y avait qu'à se baisser pour ramasser cette couleur qui était dans le monde [...] c'est-à-dire la rue, la chaussée. » Peu à peu le gris a remplacé le bleu.

La feuille de plomb, la tôle galvanisée, les impressions jet-d’encre monochrome et le graphite tend à supplanter les Stabilotones des Dessins d'après... sur papier calque. Le gris, couleur mate, plate et dépouillée, non-couleur, Buraglio s'en souvient. Il raconte avoir été marqué par la masse grise du USS Missouri vu à l'âge de 10 ans dans le port de Cherbourg en 1949. Contrairement à ce que certain pensent, déclare Buraglio, « Je n'ai pas retourné ma veste ! » : il y a une continuité dans les procédures, continuité ne signifiant pas identité. L’artiste élabore des stratégies d'encerclement et confie multiplier les approches du réel par ruse.

2018 Poussin - Le Massacre des Innocents - Picasso, Bacon, Domaine De Chantilly
2000 Papier, Itsutsuji Gallery, Tokyo
Morceaux choisis, Maison d'art contemporain de Chailloux
2001 Galerie Marwan Hoss, Paris
Galerie José Martinez, Lyon
Galerie Athanor, Marseille
Espace APCIS, Maisons-Alfort
L’imprimé / L’imprimé avant… après, Maison des arts de Malakoff, Scène nationale du Moulin du Roc, Niort
2002 Musée des Beaux-Arts, Tours
Galerie des Sept Collines, Vienne
Centre d’Art et de Littérature Hôtel Beury, L’Echelle
2003 Galerie Jacques Girard, Toulouse
Galerie Hélène Trintignan, Montpellier
Galerie Pierre Tal Coat,
Centre Culturel d’Hennebont
Prolongements et Prélèvements, musée Zadkine, Paris
2004 Avec qui ? À propos de qui ?, musée des Beaux-Arts de Lyon (catalogue)
Mais encore…, Galerie José Martinez, Lyon
Une collection : Les fruits d’un regard, Galerie Confluence(s), IUFM, Lyon (catalogue)
Avec les mots, Avec les écrivains, école normale supérieure, Lyon 2005
Pierre Buraglio... au reste... Musée des Beaux-Arts et d'archéologie de Valence, Drôme
Assemblages, Caviardages, dessins et imprimés 1978-2005,
Galerie ArteNostrum, Dieulefit, Drôme
Pierre Buraglio, Lithos, St Restitus, Drôme
Pierre Buraglio, Imprimés et Variés, Musée Faure, Aix-en-Provence
Assemblages 1987-1988, Galerie Marwan Hoss, Paris 2006
Pierre Buraglio... des bleus, Musée d'art de Toulon
Station debout, 1960-2006, Musée des tapisseries. Aix-en-Provence
Pierre Buraglio... avatars 1963 – 2006, Bruxelles
Pierre Buraglio / Impressions d’œuvres imprimées, artothèque de Pessac, Gironde
Dessins du FRAC de Picardie, galerie Francis Picabia Lycée Pierre Mendés France
2007 La contredanse, Galerie Marwan Hoss Paris
Galerie Catherine Putman
Abbaye de Mondaye, Basse Normandie 2008
Dans le fonds, 1966-1997, galerie Jean Fournier, Paris
C'est alors que... 1998-2008, galerie Marwan Hoss, Paris
Traces du Sacré, Centre G. Pompidou, Paris 2009
Buraglio En planeur, Musée Fabre, Montpellier
Pierre Buraglio-Autour de Pierre Buraglio, Villa Tamaris centre d'art, Toulon
Les compatibles, galerie Thierry Salvador, Bruxelles 2010
Pierre Buraglio d'après... autour... selon..., La Chapelle Saint-Louis des Gobelins, Paris
Avatars 1978-2010, Galerie Bernard Ceysson, Luxembourg
L'émotion et la Règle, Musée des Beaux-Arts de Lyon
BLOK ZOO HOC, galerie Jean Fournier, Paris 2011
Le papier à l'œuvre, Musée du Louvre, Paris
Pierre Buraglio, Musée des Beaux-Arts, Angers
Pierre Buraglio... Suite, Le passage Sainte-Croix, Nantes
Pierre Buraglio : La guerre intime, Les 2 Emile et Rosa, Historial de la grande guerre à Péronne (80)
2012 Pierre Buraglio, déambulatoire de la Cathédrale Notre-Dame de Rouen
2013 Le temps des collections, Musée des beaux-arts de Rouen
Decorum, Tapis et tapisseries d’artistes. Musée d’art moderne et d’art contemporain, Nice
Un été pour Matisse, Musée Matisse, Nice
2014 Avec et sans peinture, MacVal
Pierre Buraglio : Echos de 14/18 Son enfance / sa Normandie, Musée de Louviers
2015 LAM Lille Métropole (Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut)
Un regard sur la collection d'Agnès b.

1959 à 1974
1959 : Entre à l’École nationale supérieure des beaux-arts (Paris).
1961 : Première participation au Salon de la Jeune Peinture.
1962 : "Le Procès à Soulages", entretien de Pierre Soulages avec Pierre Buraglio in journal "Clarté" mai 1962 n°43, p. 27-32 . Texte de Roger Vailland
1963 : Séjour à New York.
1963–1965 : Il fréquente l’atelier de Roger Chastel à l’école des Beaux-Arts et rencontre Vincent Bioulès, Joël Kermarrec, Laskine, Michel Parmentier, Jacques Poli, François Rouan, Claude Viallat
1964 : Recouvrements.
1966 : Agrafages. Exposition Triptyque à la galerie Jean Fournier.
1968 : Permanent à l’atelier populaire de l’école des Beaux-Arts lors des évènements de mai. Premiers Camouflages.
1969-1974 : Cesse de peindre pour se consacrer à une activité militante. Participe à la « Salle rouge pour le Viêt Nam » en 1969 organisée par le Salon de la Jeune peinture.

1975 à 1990
1975 : Premiers Châssis, premiers Cadres.
1976 : Premières exposition personnelle (ARC 2, musée d’Art Moderne de la ville de Paris). Début de l’enseignement à l’école des Beaux-Arts de Valence (Drôme). Premières Fenêtres.
1977 : Première exposition à la galerie Jean Fournier à Paris.
1978 : Assemblages de paquets de Gauloises.
1979 : Masquages. 1980–1981 : Caviardages.
1982 : Retrospective au Musée National d’Art Moderne / Centre Georges Pompidou (directeur Dominique Bozo).
1985 : Metro della Robbia.
1989 : Nommé professeur à l’école nationale des Beaux-Arts de Paris. Il réalise pour la Manufacture nationale de Sèvres un ensemble de huit décors "Relevés de ciels bleu-gauloise" pour huit formes d'assiettes et de plats en porcelaine.

1991 à 2015
1991 : Commande publique pour la Cité de la Musique à Paris.
1993 : Aménagement et décor de la chapelle Saint-Symphorien à l’église Saint-Germain des prés à Paris.
1999 : Rétrospective des dessins d’après… au CAPC de Bordeaux.
2001 : Aménagement de l’Oratoire de l’hôpital Bretonneau, Paris (commande publique).
2004 : Avec qui ? À propos de qui ? au musée des Beaux-Arts de Lyon.
2005 : Pierre Buraglio, Imprimés et Variés, Musée Faure, Aix-en-Provence.
2006 : Pierre Buraglio... des bleus, Musée d'art de Toulon.
2007 : écrits entre 1962 et 2007 Éditions, École Nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris.
2008 : Exposition Traces du Sacré, Centre G. Pompidou, Paris.
2009 : Buraglio En planeur au musée Fabre, Montpellier - Le Blanc, Centre G. Pompidou, cabinet d'art graphique, Paris.
2010 : Pierre Buraglio d'après... autour... selon..., Chapelle Saint-Louis des Gobelins, Paris - L'émotion et la Règle, Musée des Beaux-Arts de Lyon
2011 : Pierre Buraglio, Musée des Beaux-Arts, Angers - Le papier à l'œuvre, Musée du Louvre
2012 : Nommé chevalier de la Légion d'honneur.
2013 : Le temps des collections, Musée des beaux-arts de Rouen.
2014 : Pierre Buraglio Echos de 14/18 Son enfance / sa Normandie, Musée de Louviers
2015 : Carte blanche à Pierre Buraglio - Pierre Buraglio entouré de Marie-Claude Bugeaud, Bertrand Canard, Dominique De Beir, Emmanuel et Jean Laube, Galerie Jean Fournier, Paris.

Œuvres